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A l’occasion du 4ème centenaire de la mort du Caravage (et oui, la même année que Henri IV, en 1610 !), une équipe d’universitaires italiens est parti à la recherche de ses ossements. Mais pour retrouver leur trace, la tâche est bien ardue…
Des fouilles ont eu lieu à Porto Ercole, en Toscane, pas loin de Grossetto, dans la crypte du cimetière communale où reposent sans aucun ordonnancement plusieurs milliers de squelettes fragmentés et éparpillés. Et là, dans ce fatras pas croyable, des chercheurs de 4 universités (Lecce, Bologne, Ravenne et Pise) ont espéré retrouver les restes du peintre maudit, Michelangelo Merisi. Il faut dire qu’ils partaient du témoignage de jeunesse de l’une des chevilles ouvrières, la professoressa Giovana Anastasia ; celle-ci se souvenait très bien avoir vu, en 1956 (elle avait alors 10 ans), lors du transfert de l’ossuaire de Porto Ercole à San Sebastiano (reconverti en parc municipal) vers son emplacement actuel, un squelette entouré d’un manteau brodé d’une croix de Malte. Or, notre peintre avait été fait chevalier de Saint-Jean-de-Jérusalem deux avant sa mort… On sait par ailleurs que c’est dans cet ossuaire qu’il fut déposé, si l’on en croit une main courante déposée dans le registre des morts de l’église San’Erasmo de Porto Ercole… cette notule manuscrite indique même que l’artiste est « mort de maladie à l’hôpital de Santa Maria Ausiliatrice », et non pas assassiné comme on le croyait auparavant.
Les fouilles réalisées dans la partie la plus ancienne de l’ossuaire ont mis au jour 17 cadavres, mais seuls 9 correspondent à des quarantenaires. Le peintre se cachait-il dans cet échantillon, c’est possible, même si la chance de pouvoir l’identifier était bien faible. Sur quels critères cette identification aurait-elle d'ailleurs pu être portée, hormis le sexe et l’âge ? Les scientifiques comptaient sur une comparaison des reliefs crâniens avec plusieurs portraits du peintre et notamment un autoportrait sous les traits de la tête de Goliath… mais aucun crâne intact n’a été retrouvé dans l’ossuaire. Ils espèraient en revanche que le saturnisme pourrait avoir touché l’artiste en raison du plomb avec lequel il badigeonnait à foison ses toiles et qui pourrait s’être déposé de façon excessive dans ses ossements. Enfin, il y avait l’ADN, car même si le peintre est resté sans descendance connue, ce n’est pas le cas de sa sœur, Catarina, qui a assuré la conservation du patronyme dans la localité lombarde de Caravaggio !
Et là, coup de théâtre le 16 juin 2010, où un communiqué de presse annonce finalement la redécouverte des restes du peintre (avec une fiabilité de 85 %). Près de 200 corps ont finalement été scrutés, mais le bon, l’unique, le seul, le vrai était enregistré sous le numéro 5, correspondant à un homme âgé entre 35 et 45 ans (le Caravage est mort à 39 ans), de hauteur moyenne et de constitution robuste. Bien sûr, il ne reste pas grand-chose de l’artiste : un grand fragment de fémur droit, le massif frontal, le maxillaire supérieur, la moitié gauche de la mandibule (avec encore quelques dents) un le sacrum. Non contents de cette identification (par certaine, mais hautement probable, donc), ils ont confirmé le saturnisme suspecté, mais aussi mis en évidence des traces de syphilis !
Alors, même si les chercheurs aiment mieux juger ce genre de nouvelle sensationnelle au vu d’un article scientifique en bonne et due forme (à ce jour, il n’est pas encore paru), mais on peut d’ores et déjà prévoir une cérémonie de ré-inhumation et de réhabilitation du peintre aussi fastueuse que méritée !
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